Capsule Riff

Nom du produit : Capsule Riff – Société SAS Kaino
Protection : Dépôt de brevet en France Octobre 2023
De quoi s’agit il ? :  Dispositif autonome d’aide à la recherche d’un objet immergé suite à un accident (avion, bateau, container).

Samuel Riff est un passionné d’aéronautique. Il a toujours été attiré par ce domaine et il a suffi d’un petit déclic pour qu’il plonge tête la première. Débutant par des recherches simples, il a ensuite décidé d’approfondir ses connaissances sur le sujet. Bien qu’étant kinésithérapeute de formation, sa curiosité insatiable et son expérience en tant que consultant et formateur en entreprise l’ont amené à réfléchir à des projets visant à améliorer notre quotidien, avec une approche à la manière de MacGyver.

Répondre à une problématique : de l’idée à la solution concrète

Un avion qui disparaît en mer, comme le MH370, ne dispose d’aucun système visuel autonome pour signaler son emplacement après son immersion. La portée limitée de l’émission de la boîte noire rend les opérations de recherche longues, complexes, coûteuses et peu prometteuses.

Le 8 mars 2014, devant sa télévision, Samuel Riff été frappé par la disparition des radars du vol MH370 de la Malaysian Airline, qui transportait 239 personnes entre Kuala Lumpur et Pékin. Aucune trace de l’avion n’a été retrouvée depuis, laissant un mystère quant à son sort. Cette situation l’a interpellé, surtout en réalisant qu’un satellite peut repérer un simple objet comme un paquet de cigarettes sur un trottoir, alors qu’on ne dispose pas des moyens pour localiser un avion en détresse en mer. Cette prise de conscience a été renforcée par le fait que son épouse prend régulièrement des vols long-courriers pour des raisons professionnelles. Il s’est mis à la place des familles désemparées, incapables de faire leur deuil face à l’absence de réponses.

Des défis à relever pour concrétiser son projet

Samuel a d’abord cherché une solution technique simple et autonome qui pourrait pallier les lacunes entre les signaux radars actifs et passifs, ainsi que les limitations de la portée d’une boîte noire (en termes de temps et de distance). Son approche s’est orientée vers une solution visuelle, visible à la fois de jour comme de nuit depuis le ciel, voire même depuis un satellite.

Innovate Design l’a aidé à mettre en forme son projet en réalisation la conceptualisation/modélisation du dispositif. Cette première étape a permis de transformer l’idée en solution et ainsi de poursuivre le développement du projet étape par étape.

L’étape importante de la protection et du financement de projet

Innovate Design et son CPI lui ont prodigué des conseils sur les différentes aides disponibles et les leviers à sa disposition. C’est ainsi qu’il a découvert l’existence de fonds européens destinés à soutenir et financer l’innovation. Pour bénéficier de ces fonds, il est nécessaire de constituer un dossier complet soumis à une étude. Grâce au SME Fund, il a pu obtenir une prise en charge de 50 % des taxes liées au dépôt de brevet. En effet, la phase de design et de conception ainsi que les tableaux de visualisation crées par Innovate ont été des outils nécessaires à la création de son dossier de financement.

Suite à cela, Samuel Riff est maintenant en cours de demande auprès de la BPI qui peut financer jusqu’à 50 % d’une facture TTC de 16 000 € pour les phases de développement. Pour l’instant, il n’a pas encore le budget nécessaire pour faire progresser le prototypage.

Innovate Design : A quel stade du processus votre brevet a t-il été accordé ?
Samuel Riff :
La requête en délivrance de brevet d’invention a été déposée le 11 octobre 2023. L’autorisation de divulgation et d’exploitation du brevet a été délivrée le 11 janvier 2024

I D : Avez-vous essayé d’obtenir ou de négocier un contrat de concession de licence avec un détaillant ou un fabriquant ? Ou avez-vous décidé de faire fabriquer le produit vous-même ?
S R : 
Au stade actuel, le prototype physique n’est pas réalisé, ces étapes viendront ensuite. Mais le produit fini ne pourra être fabriqué que par une usine spécialisée notamment avec un process qualité certifié aéronautique.

I D : Combien avez-vous dépensé jusqu’à présent pour développer votre project ?
S R :
J’ai d’abord confié le développement de l’idée à Innovate design pour un cout d’environ 3000€. Puis j’ai dû monter une société en SAS dans laquelle j’ai injecté 6000€ de capital. Ceux-ci ont couvert les frais de CPI et de rédaction-dépôt de brevet, mais j’ai dû rajouter 2000€ pour ne pas passer dans le rouge. J’en suis donc à plus de 11.000€ pour avoir obtenu le brevet. Les prochaines étapes dépassent les 16.000€, mais je ne pourrai avancer sans concéder une partie du brevet à un partenaire industriel qui aura foi en mon projet.

I D : Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui est sur le point de développer son idée ?
S R : 
Ne rien lâcher ! Mais avoir conscience que c’est un parcours long et couteux. Reste à savoir si le jeu en vaut la chandelle. Tout d’abord horodater l’idée avec une enveloppe Soleau, directement depuis le portail internet de l’INPI.  Innovate Design m’a permis de transformer mon idée en produit « réalisable ».  Quant à mon CPI, elle est irremplaçable, dans le sens où la rédaction d’un brevet exige une mise en forme et un vocable très spécifique qu’un novice ne saurait s’approprier. C’est un domaine que je ne soupçonnais pas ! 

I D : Cela en vaut-il la peine et êtes-vous satisfait des résultats obtenus jusqu’à présent ?
S R : Pour l’heure l’idée commence à se matérialiser et le brevet me protège. Je suis satisfait de toutes ces étapes franchies, mais il en reste encore beaucoup avant de voir mon invention en place sur un avion ou un bateau !

I D : Que projetez-vous pour l’avenir ?
S R : 
Réunir des fonds et trouver des partenaires industriels prêts à participer au développement et l’aboutissement du projet. Ce qui n’est pas une moindre ambition sachant que nous n’avons pas de prototype physique.

I D : Selon vous, quel a été votre plus grand succès à ce jour ?
S R :
Pour l’heure, avoir reçu le dépôt de brevet est particulièrement savoureux !

Le projet Capsule RIFF franchit de nouvelles étapes

Depuis notre dernière publication, Samuel a franchi des étapes cruciales dans le développement technique et stratégique de son concept. L’innovation n’est jamais un processus figé. Le projet Capsule RIFF a considérablement mûri, passant du concept initial à des phases de recherche et développement (R&D) de haut niveau. Chez Innovate Design, nous suivons avec passion le parcours de nos inventeurs. Samuel nous a partagé les avancées majeures de son projet, illustrant parfaitement comment une idée de départ s’affine au contact des experts et des réalités techniques.

Comment évolue le projet aujourd’hui par rapport aux premières étapes de développement ?
S.R : Plusieurs évolutions ont déjà pu être affinées, notamment sur l’emplacement du dispositif initialement prévu dans la dérive. Les études ont montré qu’il sera plus pertinent et stratégique de transférer l’emplacement du « porte module » vers la partie haute du fuselage, à l’image des antennes WIFI placées dans un radôme et aisément installables sur tout avion, neuf ou en circulation.

Exemple de "radômes" qui abritent des antennes sur des avions. Pour le WIFI notamment.

L’aérodynamisme du radôme a d’ailleurs fait l’objet d’un travail avec des étudiants ingénieurs en Projet Master de l’IPSA, tout comme les sujets complexes des matériaux, et de différents systèmes d’éjection envisageables.

Image de la coque aérodynamique des Capsules RIFF, réalisée par le Groupe d'étudiants du PMI "ET49" ( IPSA 2026)

Vous avez fait appel à des étudiants pour participer à votre projet ? Comment vous y êtes-vous pris et pourquoi faire appel à des écoles ?
S.R : Le coût R&D pour un dispositif de cette complexité est très élevé. Une des façons de faire avancer le développement est de solliciter des écoles dans différents domaines afin qu’ils en sortent des « projets étudiants ». Même s’il y a un coût, il est surmontable et les questions que se posent les groupes d’étudiants accompagnés de leurs professeurs sont d’un niveau de qualification très élevé, tout comme les hypothèses ou solutions qui en ressortent. C’est ainsi que l’IPSA Paris (École d’Ingénieurs en Aéronautique) est devenue partenaire de quelques-uns de mes sujets.

De façon complètement opportuniste, j’ai également lancé des appels à des écoles dans d’autres domaines afin de m’aider dans deux étapes importantes et indispensables : réaliser un prototype fonctionnel mais aussi produire un court film d’animation qui scénarise le déploiement du dispositif « Capsules RIFF ».

Quelles sont les perspectives pour la suite ?

S.R : Équipé de ces outils de démonstration, je pourrai plus facilement me présenter dans des salons professionnels ou des groupes d’entreprises de l’aéronautique, avec pour objectif de tisser des partenariats pour voir un jour, j’espère, mes « Capsules RIFF » équiper des avions, mais aussi des bateaux ou des containers. Tous ces domaines sont en effet dans le champ de protection des brevets (merci au bureau IPSIDE Toulouse).

Depuis, différents articles de journaux sont parus dans le sud-ouest, notamment dans la rubrique « La Dépêche Aéro » – Merci à Mathieu Simonnet.

Article LA DEPECHE
Article La Depeche.fr

Sur son expérience avec Innovate Design

« Lancé dans l’inconnu avec une simple idée en tête, c’est le parcours de base de l’inventeur particulier. Le monde de l’invention est assez complexe et nécessite beaucoup de conseils et de compétences pointues, selon les exigences techniques du projet et son avancement. Innovate Design m’a accompagné pour transformer mon projet, qui n’était que des croquis et des mots, en une proposition de produit fonctionnelle avec des cotes techniques qui ont servi au dépôt du brevet. Ma CPI a eu elle la tache non moins simple de rédiger le brevet en se mettant dans ma tête afin de retranscrire et protéger le projet de la façon la plus concrète et la plus exhaustive possible. Pour la suite, je sais qu’Innovate Design et ses équipes pointues sera encore à mes côtés pour m’accompagner jusqu’au développement du prototype. Un long chemin encore à parcourir ! »